La Liseuse - Georges Appaix

 

 

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Les textes

J’ai préféré m’appuyer soit sur la poésie, soit sur l’essai. Le poète est celui qui est capable d’agrandir l’espace de chaque mot, de lui donner des territoires nouveaux. Il n’est pas très loin du clown par sa façon d’être libre, en déséquilibre...

Comme Ponge, par exemple, il y a chez lui une certaine façon de regarder un caillou et de lui donner la même importance qu’au monde entier : c’est le regard qui compte, le prix qu’on donne aux choses, l’élection. Son écriture me convient : recherche de sonorités, possibilité de chahutage, de découpe... Ses textes se prêtent à mes manipulations irrespectueuses - dans Basta !, j’en ai bien usé, je me suis amusé. Pour Hypothèse fragile, toute l’équipe a choisi des textes et Queneau, Pérec sont revenus souvent...

Les philosophes, c’est pour le déclic. J’ai travaillé avec des phrases de Diderot, Jankelevich ou Deleuze. Tu prends une petite phrase, elle est précise, elle donne une information, elle ouvre un espace mental : ce n’est pas flou, c’est bien un point (le punctum de Barthes) et en même temps, c’est universel, un point qui circule, un point nomade...

Entretien avec Georges Appaix par Christine Rodès (extraits), revue La Pensée de Midi, "Création(s), la traversée des frontières", n°2, sept. 2000.